Interview de Urs Stemmler E-motive (Hong Kong)

by admin on 5 juin 2010

Dans un précédent post, j’évoquais le départ de Urs Stemmler parti développer les activités d‘Estech Design, aujourd’hui j’apprends qu’il travaille à l’Université de Hong Kong, et a cofondé e:motive. Je l’ai joins pour une interview pour nous éclairer un peu plus sur les voitures chinoises, et l’avenir de leur présence en Europe.

VoitureChinoise : Salut Urs, merci d’accepter pour l’interview.

Urs Stemmler : Merci Yvon de le proposer et pour ton intérêt dans e:motive.

urs-stemmler

VC : Que fais tu de passionnant par rapport au marché chinois?

US : E:motive se positionne en tant que consultant design automobile spécialisé dans les véhicules à propulsion alternative.
Nous voyons en effet le besoin et une volonté autant du gouvernement que du consommateurs chinois pour des véhicules non conventionnelles.
Nos clients bénéficient de notre compétences en design automobiles et du soutien en ingénierie mécanique et électrique de l’université Polytechnique de Hong Kong.

VC : Urs je t’ai connu chez Estech Design, maintenant tu es chez e:motive, comment s’est faite la transition?

US : La transition s’est fait naturellement suite au changement de la stratégie « Asie – Inde/Chine » d’Estech Design, donnant préférence à son développement en Inde.

VC : le temps que tu as passé avant d’entrer chez e:motive quel a été ton action depuis Hong Kong?

US : D’un côté, j’ai commencé à enseigner à l’université Polytechnique de Hong Kong, dont le département d’ingénierie offre un « Master in Automobile Engineering Design« .
En tant que coordinateur de la partie « design » des cours, j’enseigne l’ergonomie, le packaging, l’histoire design automobile, les fondamentaux du design automobile, et design & culture.
De l’autre côté, bénéficiant d’un réseau de contacts professionnels quasi mondial, j’ai ressenti le besoin d’une fonction « pont » entre la Chine qui vit un développement « automobile » explosif, et des ressources externes, actuellement soit rare ou pas disponible en Chine. En discutant avec la direction de l’école de design de l’université, nous avons décidé d’unir nos efforts en bénéficiant des synergies évidentes. La création de e:motive en est le résultat.

VC : Hong Kong n’est pas connue pour son pôle automobile, c’est une ville plutôt tournée vers la finance, le commerce et l’immobilier. Comment se fait-il qu’il s’intéresse à l’automobile?

US : Avec la disparition de la production industrielle vers la Chine continentale, HK s’est en effet retrouvé avec les activités mentionnées plus le transport.

HK est une plate-forme formidable du trafic aérien mondial et abrite un des ports le plus grand et efficace du monde.
Mais en vue d’un développement durable, stable et complémentaire, le gouvernement a adopté un politique de soutien des activités en r&d, dont nous faisons partie. Depuis longtemps, il y des fournisseurs pour l’industrie automobile sur place, y inclus un centre r&d soutenu par le gouvernment dédié à l’industrie automobile. Ces activités ont reçu un grand coup de pouces avec l’apparition de l’industrie automobile chinoise ces dernières années.
Et il y a constructeur automobile locale, EU Auto Technology, spécialisé dans les quadricylces électriques, avec un produit fort sympathique, le MyCar.
Aussi, le soutiens au développement des véhicules électriques fait officiellement partie des priorités du gouvernement depuis quelques mois.
Nous voyons HK en tant que base idéale pour le r&d de solutions alternatives pour les marchés asiatiques. En conséquence, nous avons créé E:motive.
VC : Quels sont vos premiers contacts avec des industriels chinois?

US : Secret pour l’instant, mais nos contacts se situent autant avec les industriels et fournisseurs qu’avec les institutions.

En plus, nous préparons un projet pour un concours design chinois, et nous allons organiser un « summer workshop » dans lequel nous unirons des étudiants chinois, américains, coréens et locaux, de HK. Son thème sera le transport « électrique » dans les grandes zones urbaines, tell que le Pearl River Delta (Région du sud de la Chine entourant Guangzhou, Shenzhen, Hong Kong entre autre, et locomotive économique de la Chine dès les années 80).
VC : peux tu nous dire où en sont les Chinois avec la voiture électrique? que penses-tu des initiatives des constructeurs chinois en la matière?

US : Les voitures électriques et leur technologies associées représentent une opportunité idéale pour les nouveaux constructeurs chinois.
Ils peuvent se positionner dans une niche ou les constructeur établis ne se trouvent pas encore, donc à pied égale en terme de technologie.
Le gouvernement chinois travaille aussi dans ce sens avec des politiques de soutiens multiples.
Cette niche se referme cependant rapidement avec l’arrivé de la Nissan Leaf et Mitsubishi MiEV, et bientôt d’autres. Pour l’instant, les constructeur locaux ont surtout montrés des concepts et prototypes (hors voiturettes/quadricycles divers en vente), qui ne sont pas disponibles pour le public. Ceci est compréhensible dans le contexte d’absence d’infrastructure de rechargement, et des prix de vente nettement plus haut qu’une voiture thermique, mais moins performante. Il ne faut par contre pas oublier que hors son système de propulsion, un véhicule électrique ne diffère que très peu d’une voiture thermique.
Donc c’est uniquement au niveau des moteurs, batteries, système de contrôle de batteries/moteurs et des systèmes de câblages/chargement que les constructeurs chinois peuvent se démarquer. A ce sujet, BYD, aussi un grand constructeur de batteries, et Daimler viennent d’ouvrir un centre de technologie à Shenzhen dédié au voitures électriques. Et (peut-être sans rapport direct), le nouveau chef de VW en Chine est l’ancien responsable du développement des véhicule électrique du groupe.

VC : Au niveau Design la Chine n’est pas un pays de l’automobile au même titre que l’Europe ou les US, qui ont une longue tradition de conception automobile et du design (surtout Europe). Les voitures chinoises n’ont pas vraiment de style aujourd’hui, peux tu nous dire de quoi ils seront capable dans 5 ans et pourquoi?
US : L’absence d’histoire dans le domaine du design automobile représente une chance unique de ré-inventer le style automobile d’un autre point de vue, plus asiatique, et peut-être, plus « vert »?
La richesse de la culture chinoise en générale, combiné avec la liberté du manque d’histoire automobile local à respecter offre des nouvelles perspectives que les pays du design automobile traditionnel n’ont pas. Maintenant, il faut voir et savoir attraper cette opportunité unique. Contrairement au pays occidentaux, la Chine arrive dans le monde automobile du côté de la production, et commence peu à peu à développer, puis à concevoir, et finalement, à dessiner et imaginer à partir d’une feuille blanche une nouvelle voiture.
Ce process à l’envers (vue des Occidentaux) suit par contre la manière traditionnelle asiatique de l’éducation/apprentissage par imitation jusqu’à la perfection du « maître ». Pour le surpasser….
La voiture moderne étant un produit fort complexe et les clients chinois bien intelligents quand ils s’agit de dépenser leur argent, et en plus ayant le choix entre l’offre internationale et locale, les constructeurs chinois ont une tâche considérable à accomplir. La concurrence rude entre constructeurs chinois et le grand nombre de sociétés avec leur nombreux ingénieurs  permettent de gagner du temps dans ce développement par rapport à ce que l’ont connait de l’occident.
La politique de consolidation décidé par le gouvernement pour l’industrie automobile chinois va accélérer encore leur « apprentissage » en évitant trop de gaspillage par concurrence inutile. Nous verrons des voitures vraiment chinoise dans très peu de temps, et elles auront leur propres valeurs, différents des produits occidentaux/japonais.
VC : Quels sont vos moyens techniques actuels chez e:motive?

US : Côté soft, nous disposons des logiciels 3D de design/ingénierie (CAD/CAM) courant dans l’industrie automobile, en plus des logiciels habituels 2D pour la partie style/design.

Côté hard, nous avons accès a un marbre de taille standard pour un extérieur automobile, équipé d’un Taurus. Nous travaillons principalement un clay. En plus, nous disposons de moyens de prototypage rapides et traditionnels, avec des atelier bois, plastique et métaux, y inclus découpage laser.
Nous pouvons aussi projeter des images grandeur nature.
VC : Des photos de vos concepts à montrer?
US : Désolé, pour l’instant tout est confidentiel…
Par contre, nous organisons un workshop de design internationale en Chine en ce moment, et il y aura des maj régulier sur les activité sur notre site.
Aussi, sous peu, notre proposition dans le cadre d’un concours design en Chine sera rendu publique par les organisateur lors des annonces des résultats intermédiaires.
VC: Urs je te remercie et si tu pouvais nous tenir au courant des suites de ce workshop.

US : Merci à toi Yvon

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Mandataire auto juillet 19, 2010 à 9 h 59 min

Merci pour cette interview très intéressante. Bonne continuation à votre blog.

Antoine septembre 15, 2010 à 14 h 39 min

Bonjour,

Je suis designer industriel et passionné de véhicules électriques : j’ai déjà participé à des projets de ce type durant mes stages.
Tout juste diplômé de l’UTC, j’ai effectué auparavant quatre années d’études à l’Institut Supérieur de Design.

Aimant l’aventure, le défi et le challenge, je souhaite développer ma passion en étant intégré à une équipe de designer spécialisée dans les véhicules à énergies alternatives. La société E Motive m’intéresse donc.

Est il possible d’entrer en contact avec Urs Stemmler ?

A vous lire

admin septembre 15, 2010 à 16 h 26 min

Envoyez moi votre Cv et je transmettrai.

admin septembre 15, 2010 à 16 h 26 min

Et votre portfolio si possible.

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