Le commerce des plaques d’immatriculation à Shanghai (Part I)

by yvonhuynh on 22 mars 2007

Shanghai, ville nouvelle de Anting, dans le marché des voitures d’occasion, une foule de gens s’affairent, en fait ils sont venus pour une vente aux enchères un peu particulière, puisqu’ici on met aux enchères des plaques d’immatriculation de voitures. En Chine la plaque d’immatriculation est payante, c’est l’équivalent de la carte grise. Mais la particularité en Chine est qu’elles sont vendues aux enchères. Et les sommes peuvent parfois atteindre des niveaux irrationnels pour un Européen. Aujourd’hui, les deux premières plaques sont parties pour respectivement 40974 et 40473 yuans soit environ 4100 et 4050 euros! Sachez que pour 3000 euros vous pouvez avoir une QQ de base, vous imaginez la folie qui s’est emparé de ce marché si particulier. La municipalité de Shanghai prévoit de délivrer 4000 plaques pour le mois de mars. M Chen est un connaisseur de ce marché et est lui même vendeur de voitures d’occasion. Il ya quelques années déjà, il avait demandé à un ami habitant hors de Shanghai de lui acheter une plaque, car celles de Shanghai étaient trop chères. « J’avais dépensé 2000 yuans (200 euros) ». Mais l’ennui c’est qu’avec une plaque non shanghaienne, les voitures ne pouvaient pas emprunter les viaducs en heure de pointe, (autoroutes suspendues construites fin des années 90 pour décongestionner la ville), pas pratique non plus pour les contrôles techniques annuels. C’est pour ça qu’il faut quand même obtenir une plaque shanghaienne0 Mais aujourd’hui il va rentrer bredouille « trop cher » dit-il…Monsieur Ye, quant à lui en est à sa quatrième voiture, et il a acquis une certaine expérience, et en a même fait une sorte de business. En 1999, il a acquis sa première voiture, une OuTuo (Changan Suzuki) d’occasion, pour 13 000 yuans (1 300 euros), et sa plaque lui a coûté 16 000 yuans (1 600 euros, pour mémoire le salaire moyen d’une ouvrier est de 100 euros, et celui d’un ingénieur est de 600 euros).

OuTuo ChangAn Suzuki
OuTuo chang An Suzuki

En 2003, suite à une nouvelle loi, sa voiture fut interdite d’emprunter les viaducs, il la revendit avec sa plaque, le tout pour 37 000 yuans (3 700 euros), »heureusement que les prix des plaques ont augmenté, j’ai même pu faire un bénéfice de 6 000 yuans », dit-il pas peu fier de sa bonne affaire. Il acheta une Santana d’occasion, pour 72 000 yuans, dont 36 000 yuans rien que pour la plaque, il la revendit 6 mois plus tard pour 80 000 yuans, il acheta une Hyundai d’occasion. « Les prix des plaques ne décroissent jamais, ils ne font que monter ». Décembre 2004, Monsieur Ye acheta une Nissan Tiida, parce qu’à l’époque une rumeur comme quoi les quotas sur les plaques allaient être supprimés, le prix de ces dernières chuta, il acquit la sienne pour 29 800 yuans, « maintenant j’attends que les prix remontent et je vais vendre ». Monsieur Ye à force, a fait connaissance avec beaucoup de monde faisant le même business que lui, comme à la Bourse, ils attendent le bon moment pour acheter ou vendre, ou alors servent d’intermédiaire pour des amis. Certains achètent des voitures avec plaques de Shanghai, en attendant de les vendre, les louent pour 2 000 yuans par mois. « Les voitures se déprécient au cours du temps, pas les plaques, en plus c’est moins aléatoire que la Bourse » dit-il en souriant, « Vous êtes sûr de gagner ».

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